Les premiers pas du discours visuel

Pour raconter un histoire, concrétiser sa vision, le metteur en scène doit être non seulement un conteur mais aussi un technicien et même un illusionniste. Il doit maîtriser toute la partie technique. En un siècle, la palette a considérablement évoluer. D'abord muet, en teinte de gris, les films sont devenus parlant, puis sont passé en technicolor, les écrans standard en cinémascope et les pellicules 35 mm à 70 mm. L'industrie américaine a toujours adopter rapidement les techniques innovantes et semble t'il plus vite que ses rivaux.

Buster Keaton montre ses essais cinéma dans l'espoir d'être embauché. Malheureusement , il a sur-impréssionné la pellicule. La projection est un désastre. Pourtant, comme tous les réalisateurs peuvent le savoir, les accidents peuvent provoquer des arguments narratifs et poëtiques. Ce que Keaton a besoin d'apprendre, c'est de maîtriser le langage cinématographique.

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La plupart des pionniers du cinéma, y compris Griffith n'avait aucune formation. C'était des autodidactes qui partageaient ce préjugé que le cinéma était un divertissement mineure.

Le cinéma américain devint adulte en 1915, lorsque D.W Griffith fit sa formidable fresque historique intitulé "Naissance d'une nation". Ce fut ce film qui convainquit la nation américaine que le cinéma était un art et non un batard du théâtre.

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Comment Griffith accomplit cet exploit, essentiellement en composant et en orchestrant ses prises de vues. En alternant les plans larges et les plans rapprochés, d'un bon film, il avait fait un film génial. Un gros plan en disait plus long qu'un discours. Eric Von Streim assistant à l'époque de Griffith déclara que c'était le premier a avoir mis de la beauté et de la poésie dans ce divertissement vulgaire.

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Deux ans avant le film "Naissance d'une nation", Griffith maîtrise déjà la technique du montage parrallèle. Il montre deux évènements qui se déroulent simultanément et les alternes pour monter le suspens. A l'époque Griffith dû se battre face aux producteurs qui craignaient que le public ne comprenne rien à ces innovations.

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Savoir décripter les images est aussi important que de savoir lire et écrire. Ce que les pionniers apprennaient, c'était les techniques de narration de l'image. Au fur et à mesure, ils inventèrent une grammaire visuelle.

Gros plan Illusion_Cinematographique_Scorsese2009-12-03-13h12m25s209.png

Ouverture ou fermeture à l'iris Illusion_Cinematographique_Scorsese2009-12-03-13h12m28s244.png

Les fondues Illusion_Cinematographique_Scorsese2009-12-03-13h14m19s73.png

Les caches pour mettre en valeur les détails Illusion_Cinematographique_Scorsese2009-12-03-13h15m44s158.png

Travelling avant et arrière Illusion_Cinematographique_Scorsese2009-12-03-13h16m55s93.png Illusion_Cinematographique_Scorsese2009-12-03-13h16m58s129.png

Travelling poursuite Illusion_Cinematographique_Scorsese2009-12-03-13h18m34s56.png Illusion_Cinematographique_Scorsese2009-12-03-13h18m38s106.png

Ce sont là, les outils fondamentaux qu'un réalisateur dispose pour créer ou accentuer l'illusion de la réalité. Griffith invente la grammaire de la cinématographie, il a compris l'impact psychologique de la focale. C'est à l'époque du muet et surtout dans les péplums que les illusionnistes apprirent à maîtriser les effets spéciaux pour les scènes les plus saisissantes.

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En 1915, c'est en voyant deux fois de suite dans la même nuit le film italien de Pastrone "Cabiria", une super production italienne, que Griffith prit l'audace de réaliser son chef d'oeuvre "Intolérance". Cabiria possédait tous les ingrédients nécessaires : aventure, mélodrame, luxe, religion, décor fabuleux, prise de vues et éclairages extraordinaires.

Il fut beaucoup gloser sur le film intolérance de Griffith, ses aventures, son budget extravagant, ses décors grandeur nature et ses milliers de figurants. Mais, il allait plus loin, en alternant quatres époques différentes de l'histoire dans un appel passionné à la tolérance.

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Si Griffith était passionné par l'histoire, il se passionnait surtout sur les gens simples, les victimes de l'histoire.

Comme Griffith, Cecil B De Mille aimait composer de grandes fresques qui racontaient des histoires personnelles sur fond d'évènements historiques. Dans son premier film sur Moïse, il met en contraste visuel la gigantesque machine de guerre du pharaon face à la simplicité du peuple hébraïque.

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Son sens du merveilleux et du détail dans ses fresques même dans les scènes de foule, et l'utilisation des premiers procédes de couleurs, De Mille était conscient que faire du spectacle pour du spectacle était factice.

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Il mettait davantage une précision dans les intentions dramatiques que de soigner les effets de caméra. Ce qui intéresse le public disait-il, ce sont les individus qu'ils peuvent aimer ou hair. Demille pensait traduire en image littéralement la bible. Pour ce faire, il imagina des effets comme le passage de la mer rouge. Il tenait a ce que chaque détail soit perçu.

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De Mille fit son Remake des dix commandements. Son imagination était si riche que si vous les voyez enfant il vous marque pour la vie. Le merveilleux prenait le pas sur le sacré : scène de tableaux vivants, mouvements des couleurs, le pouvoir onirique de certaines images et les effets spéciaux.