Nous sommes bien évidemment en sous effectifs, sans budget et sous équipés. Qu'importe notre client veut un travail soigné. L'émission peut être une recette de cuisine locale, un évènement sportif... Le son doit sonner comme une grosse production.

Voici, la télé réalité du preneur de son.

Tout d'abord nous devons équiper notre journaliste, notre investisseur en commentaire. Pour cela un micro dynamique omnidirectionnel ou micro cravate fait l'affaire. Le micro dynamique vous donne un son suffisament propre avec le moins de bruit de fond possible. Bien que la directivité de l'omnidirectionnel capte un espace sonore < à 180 degré. L'angle est néanmoins pas un seuil critique. L'important est d'être proche de la source sonore. En d'autres termes, il est conseillé de tenir le microphone proche du menton du commentateur.

Si par chance vous disposez d'un microphone cardioïde, leur directivité, un angle de captation < à 120 degré, isole le commentaire. Dès lors, les perceptions de l'environnement sont réduites. Dans tous les cas, le journaliste doit s'exprimer face au microphone.

Durant le reportage, notre rapporteur fourni des commentaires dans un confort relatif. Il peut accompagner une action, accorder un entretien, interroger du public. Tous les cas de figure sont envisageables. Il se peut qu'un prompteur l'accompagne, qu'un producteur le dirige... Si une direction est envisagée, nous l'équipons d'une oreillette, d'un transmetteur sans fil, IFB : Interruptible FoldBack où InterCom.

Les consignes orales du producteur sont envoyées dans une piste de votre console de mixage portative. Une console de mixage relativement simple et peu onéreuse convient. Le signal sonore du producteur est inséré dans une voie mais n'est pas traité par le fader. Le signal est envoyé en pre-fader. Aussi le producteur n'est pas perçu par une caméra ou un enregistreur. Le pre-fader envoie le signal vers la sortie auxiliaire où l'émetteur est branché. Celui-ci relaie le signal vers le récepteur porté par notre journaliste. Un fil relie le récepteur, porté par la ceinture du pantalon ou de la jupe, à l'oreillette. Habituellement, un assistant son s'occupe du dispositif d'écoute et de transmission.

Les émetteurs actuels transmettent le signal sonore sans fil par radio et dispose également d'un microphone intégré et d'une grande autonomie énergétique. Toutefois, si ce système n'est pas à votre disposition. Vous pouvez toujours improviser avec un micro sans fil, ou au pire avec un téléphone portable.

Le mode Pre-Fader indique que le son ne sera pas traiter par le fader de volume, ni par les potentiomètres de panoramique, d'égalisation... Les auxiliaires sont complètement indépendants. Il ne se soucient pas du réglage de volume d'envoie, des égalisations. Si vous mutez le producteur, vous coupez le volume uniquement vers les sorties principales ou de retour. Hors, si vous êtes en mode post fader, tous les éléments sonores seront donc traités. Il est donc convenable d'être équipé d'une console comportant ces types d'évènement.

Nous avons habillé notre animateur d'une oreillette et d'un microphone. Le microphone va nous permettre de capturer l'information et de l'envoyer vers notre caméra ou un enregistreur numérique. Ces supports de stockage sonore ne doivent pas recevoir les consignes d'évènements du producteur puique notre console de mixage y veille en les routant vers l'auxiliaire. Vous traitez le signal du microphone en position de post-fader, en ajustant le gain, le volume, le panoramique, les égalisations et effets de compression, si vous en disposez. A ce stade nous avons deux microphones un pour le journaliste et le second pour le réalisateur. Chaque micro possède une voie sur la console.

Un perchiste appuie considérablement la réalité de la scène. Il suivra les mouvements du commentateur et sera en alerte face aux sons extérieurs nuisibles et ceux pouvant accroître le vécu de la situation. Le microphone est câblé en post-fader et le casque en sortie auxiliaire. Le percheman devra être vigilant face aux distortions de phase, affadissement, écho, lié à l'addition des deux signaux. C'est à dire, celui de son microphone et celui du jounaliste. Pour cette analyse, il lui est nécessaire de recevoir dans son écoute sa prise de son et les commentaires. Le perchman peut aussi recevoir les instructions du producteur. Il doit maîtriser l'environnement sonore. Il peut se retirer du champ des commentaires pour couvrir la sentence d'un juge et les réactions du public dans le cas d'un procès. Une scénarisation est possible.

Pour accentuer des effets d'ambiance, des microphones peuvent également couvrir des lieux d'activité d'identité sonore. Couplées à des effets, les sons de la manifestation peuvent être exagérés afin d'ajouter de l'excitation à la scène. Dans ce cas, des micros sensibles à la pression acoustique sont un bon choix. Si le reportage à lieu dans un hippodrome, le passage des chevaux, amplifié d'une légère reverbe, annonce une course folle et serré.

Nous sommes actuellement à quatre microphones : celui du journaliste, du producteur, du perchiste et celui des effets d'ambiance. Les consoles de mixages portatives ne vont généralement pas au delà de quatre entrées. Quant à leur sorties elles sont stéréo. Privilégiez les commentaires du narrateur sur une des sorties et sur l'autre les effets d'ambiance et de mouvements du perchiste. Vous pourrez mixer à votre aise dans le studio les deux voies.

Vous avez toutes les cartes en main pour concevoir un excellent reportage. Mais n'oubliez pas les indispensables outils de maintenance et connectiques d'adaptation : Jack, mini-Jack, casque, oreillette...