Le montage virtuel
Par Gisles le mercredi 20 février 2008, 19:06 - * Montage video - Lien permanent
L'arrivée de l'informatique dans l'édition vidéo a bouleversé les données. Sur le plan économique, à performances équivalentes, la station de montage virtuelle est bien moins coûteuse qu'une régie de postproduction multimachine traditionnelle. Mais, elle apporte certaines contraintes comme la gestion optimale de stockage disponible sur les disques durs et la gestion des multiples formats vidéo.
Le prix des outils de montage s'est démocratisé, un banc de montage beta était de 45000 €, aujourd'hui nous pouvons monter de façon itinérante pour un coût relativement réduit. L'assistant monteur a réellement sa place en tant que futur relève de monteur mais aussi pour la gestion des rushes. Les films à gros budget ont plusieurs assistants, l'arrivée des caméras numériques permet davantage de prises, le travail en amont est plus difficile à gérer. Le monteur visualise de plus en plus de rushes et permet au réalisateur d'avoir du recul sur sa création.
Il y'a une différence entre être former sur un logiciel de montage et être monteur. C'est une formation, du temps, de l'apprentissage et une reflexion sur la narration et les relations entre les plans. Un montage d'un long métrage peut prendre au minimum 12 semaine. Le montage numérique a diversifié les styles de montage, ralenti, alternance de plans courts, rythmique des plans, le compositing avec les fonds verts, la 3D avec sa nouvelle écriture ou les bases classiques du montage sont bouleversées.
Cependant dans le domaine de la communication et de l'évènementiel, il n'y a plus le temps au montage, le flux de production étant par principe se coller à l'actualité, à l'immédiat. La durée de travail du monteur est raccourci notamment par l'utilisation des serveurs LSM de la société liégeoise EVS dans les cars régie : fonctions de gestion des clips et des playlists, mode de comparaison d'images, fonctions de différé destinées aux présentations en direct et quasi-direct et autres outils graphiques créatifs. Le Multicam(LSM) est principalement intégré dans des configurations de production en direct de l'acquisition au montage, à la diffusion et à l'archivage.
Le montage linéaire et non-linéaire
Les éditeurs de montage dit linéaire pilotent des magnétoscopes en lecture et en enregistrement. Les données vidéos sélectionnées pour incorporation, sont collées bout à bout sur une bande master. Ce type de montage est nommé linéaire. Le montage linéaire cède grandement la place au montage dit non-linéaire. Ce concept apparaît avec l'arrivée de la compression numérique et des disques durs de grande capacité.
Désormais, l'intégralité des données d'une caméra ou d'un enregistreur audio est stockée sur des disques durs. Chaque séquence, découpage en plan, est visualisé sous forme de vignette. Les manipulations de ces découpes de films peuvent être faîte par la souris, le clavier ou des boitiers de contrôles adaptés.
On distingue deux types de montage virtuel non-linéaire : le montage on-line et le montage off-line. Le montage on-line est destiné à la production du master pour la diffusion finale. IL peut être pour la télévision, le cinéma, le DVD, le Blu-ray, la VOD. Le montage on-line nécessite des stations informatiques puissantes, car les taux de compressions des données vidéo sont minimales <5:1.
Le montage off-line permet de faire un Ours, soit un pré-montage ou une maquette. Les fichiers vidéos sont fortement compressés et de fait de qualité altérée. L'intérêt est de pouvoir travailler sur des machines moins puissantes tel un ordinateur portable et d'exporter la liste d'édition des points de montage EDL (Edit Decision List) pour la production réelle. Cette liste est alors utilisée ultérieurement sur les éléments vidéos originaux et les stations informatiques conséquentes. Il est sur que le résultat visuel du montage off-ligne n'est pas exploitable sauf peut être pour le net.
Le GOP ou la compression temporelle
La première étape d'un montage virtuel consiste à transférer les rushes, terme désignant le matériau brut des caméras issu du tournage, sur le disque dur. Il est important de soulager les traitements de la machine en utilisant les bons codecs vidéo afin d'éviter des traitements de décodage long et fastidieux.
Un format de compression vidéo pour la diffusion est différent d'un format de compression pour le montage. Autant, la compression standard MPEG-2 en format SD à 8Mbit/s, en codage 4:2:0 long GOP 12 et le MPEG-4 AVC/H264 en format SD à 4Mbit/s proposent une qualité d'image très satisfaisante pour la diffusion. Autant l'écart important entre les images référentes, la compression temporelle GOP=12, à ce type de compression est un frein à la production d'un montage vidéo rapide.
La reconstitution d'un GOP=12 par calcul des images toutes les 12 images lors du montage vidéo doit se faire en temps réèl. Cette opération est très éxigeante en terme de ressources matérielles. La longueur maximale du GOP doit être réduite à seulement deux images au lieu de 12 du profil initial. Cela constitue un sérieux handicap en studio où une précision de montage à l'image est absolument indispensable. De plus, si de multiples opérations d'édition s'opèrent sur les mêmes groupes d'images, les dégradations engendrées sont assez rapidement visibles.
Le mode Inter Image est un mode de compression temporelle long Gop et le mode Intra Image est un mode de compression temporelle au maximum d'un GOP=2. Mieux, le profil 4:2:2 peut totalement se passer de la compression temporelle et opérer un mode intra-image uniquement. Les format Intra Image sont les M-JPEG, JPEG-2000, D6, D5-HD, HDCAM, HDCAM SR, DV, HDV, DVCPROHD, XDCAM HD, XDCAM EX, MPEG-2 422 ou son dérivé Betacam SX, MPEG-4 Partie 2 ASP Advanced Simple Profile, HDCAM SR, P2 HD AVCINTRA . En terme de qualité d'image, ces compressions s'avèrent très satisfaisantes à 50Mbit/s pour des traitements de type effets spéciaux numériques, chromakey...
Une solution consiste à convertir systèmatiquement vos rushes Inter Image en un format intermédiaire sans pertes avec un codage tout Intra Image. Il est entendu que vos rushes augmentent considérablement en terme de taille de fichier. L'autre solution dont le procédé est moins facile à aborder et plus long, est de faire son montage en mode off-line et de l'adapter par EDL.
La qualité sonore
Pour des raisons évidentes, la bande sonore associée à la vidéo doit être également non-compressée. Pis, la compression avec perte est à proscrire. Le monteur son et le mixeur final auront une quantité de traitement à effectuer sur la bande afin que le son se rapporte à l'image.
Le monteur et le mixeur auront à habiller le décor, les sentiments, le parcours du récit. L'illustration sonore va ajouter du relief à l'image et d'autres profondeurs de champ. La multiplication des manipulations sonores demande à la prise de son initiale une résolution d'échantillonnage standard à la vidéo minimum de 48Kbit/s et de 16 bits de profondeur en format non-compressé et de qualité sonore irreprochable.
Les éléments sonores sont découpés par fréquences appelés partitions par fréquences. Ces divisions sont ajoutées, soustraites... Les valeurs dynamiques sont modifiés par échelle d'amplitude, y compris les combinaisons de volume de multiple pistes audio agrémentés de fondus enchaînés. Il est en général difficile de toucher de façon variante dans le temps à l'amplitude d'un son sans introduire des distortions sur les transitoires de formes d'onde. Les sommets aigus et certaines chutes qui servent de clefs principales pour la reconnaissance de timbre en sont souvent altérées. Les filtres, les égalisations, les effets de retards, echos, les réductions de bruit, les resynthèses, les compressions et expansions temporelles altèrent progressivement les qualités sonores initiales. Les sources sonores doivent de ce fait être précises et intelligibles. Plus la profondeur et la résolution de l'échantillonnage est grande plus le monteur et mixeur sonore auront un champ d'action étendu.
Le montage et le mixage sont une partie de la production qui demande du temps. Les films actuellement étant très découpés en action et plans rapides, la spatialisation des éléments sonores demande davantage de précision dans les mouvements. Effets sonore appuyant un zoom caméra, déplacement d'un objet, voix hors champ en mouvement, mouvements de premier plan, arrière plan, panoramiques sont autant d'éléments sonores qui sont localisés dans un environnement multicanal dit Surround.
Les métadonnées
La gestion des métadonnées, descriptifs des plans, ambiances, acteurs, geoposition, action, dialogues, intègre la production, la post-production mais aussi la diffusion. L'indexation devient de plus en plus courante. Beaucoup plus d'image, beaucoup plus de média, méthode de recherche des documents audio, vidéo, dialogue, par scène... Le métier de Media Manager a toute sa place. La transcription audio des prises de son en texte permet d'émettre des mots clés afin d'indexer les rushes.
L'aide en réseau
L'arrivée de la HD et l'édition de séquences cinéma demandent beaucoup de ressources à une machine. Afin de soulager les épreuves d'un matériel informatique, ceux-ci peuvent être mis en réseau et partager ainsi les tâches du montage.