Comme nous ne disposons pas de console de 48 voies, nous nous limitons à l'enregistrement de la batterie à quelques microphones. Nous porterons notre attention sur la position des microphones au dessus de la batterie. Les rudiments des systèmes de compression, de gate et d'égalisation nous aiderons fortement à la préparation de notre mixage finale dans un logiciel libre.

La grosse caisse

La grosse caisse est l'assise rythmique de base dans la plupart des morceaux de musique pop & rock. Il est donc important de lui accorder la place que mérite cette percussion au fréquences graves. Souvent la guitare basse ou contrebasse sont animés par la même évolution rythmique que celle de la grosse caisse. Nous leurs associons souvent dans les techniques de sonorisation, de mixage les mêmes réglages de traitement sonore.

La grosse caisse s'accorde comme tout instrument à peau. La tension de cette membrane, suivant les conditions atmosphériques et le son désiré, est réglée par le batteur à l'aide de sa clef. La hauteur de son de la peau définie, vous allez convenir par la position du microphone le timbre de l'instrument. Attention le son de la grosse caisse peut être capté par les autres microphones (la repisse). L'installation d'une peau pour la frappe différente de la peau de résonance peut résoudre ce phénomène. La solution la plus communément répandue est l'amortissement de la résonance en incorporant une couverture au sein de la grosse caisse.

Le type de microphone cardioïde et dynamique conviennent pour une prestation live. Pour une prestation de studio, un microphone statique, plus chère et plus fragile, est davantage sensible à la sonorité. Attention toutefois à la pression acoustique à l'intérieur d'une grosse caisse, elle peut atteindre les 100 dB. Le dynamique encaisse sans broncher ces pressions, il n'en est pas de même d'un statique. Les microphones dont la courbe de réponse est grave comme ceux utilisés pour la contrebasse, le tuba, le trombone servent également à l'enregistrement de la grosse caisse. Leur courbe de réponse couvre le spectre de 20 Hz à 16 kHz. Le microphone se place ou sa capture de son représente un bon équilibre entre la peau de frappe et la peau de résonance. Insérez votre microphone à l'intérieur de la grosse caisse, sa tête face à l'impact de la pédale, reculez-le jusqu'à la position la plus judicieuse. Faîtes vos test, fiez vous à vos oreilles.

La caisse claire

En général, les batteurs prennent grand soin de leur caisse claire. Vous n'avez donc qu'à placer votre microphone. Une position à hauteur de dix centimètres de la bordure de la caisse claire, la tête du microphone en direction du centre de la peau convient à notre entreprise. La proximité du microphone évite le problème de la repisse des autres percussions. Un micro dynamique par sa robustesse à la pression acoustique vous permet de coller presque le microphone à la peau. Vous le disposez à l'endroit où cela gêne le moins les mouvements de jeu du batteur. En général, le pied du micro est placé entre le charleston et le tom. Vous éloignerez le microphone en conséquence du son voulu. Un microphone hypercadioïde d'une courbe de réponse de 50 Hz à 16 kHz correspond tout à fait. Si la caisse claire est trop brillante, vous pouvez toujours l'étouffer par un morceau de coton ou d'étoffe scotché sur le bord de la peau de frappe. Vous pouvez coupler votre microphone en plaçant le second sur la peau de résonance de la caisse claire. Affinez entre le niveau de gain de votre console de mixage et la distance du micro et de la peau.

Le tom

Au choix du batteur du nombre de tom à sa disposition et de leur accordage, s'ils sont au nombre de trois, nous sommes en général face à un tom basse, médium et aigu. Certains batteurs ont une plus grande diversité de tom, voir jusqu'à huit. Mais arrêtons nous à deux tom. Un tom médium et un tom basse posé à même le sol.

Pour ces deux percussions, la position de leur microphone respectif est similaire à celui de la caisse claire. Seul diffère, la courbe de réponse des microphones, pour le tom basse un 20 Hz-16 kHz, et pour le tom médium un 50 Hz-16 kHz.

Les cymbales

Vous avez un budget limité. Votre parc microphone n'est qu'au nombre de trois. Réservé pour votre prise de son le microphone 20 Hz - 16 kHz pour la grosse caisse, et les deux autres, 50 Hz -16 kHz pour les "OverHeads". Ces deux derniers sont suspendu au dessus et réparti chacun à un bord opposé de la batterie. Leurs têtes s'orientent vers la caisse claire. Deux statiques par leurs sensibilités auront un meilleur rendu que des dynamiques. Ce type de prise s'adapte très bien aux prise de son de groupe de jazz. Elle présente l'avantage d'être facile et rapide à mettre en œuvre, tout en favorisant un son clair, naturel et aéré. Elle peut être renforcée par un micro de caisse claire qui peut, selon sa position, prendre en compte la pédale Charleston.

Si vous sortez l'ensemble du parc microphone, soit un microphone pour chaque percussion, plus ceux destinés aux peaux de résonances, vous allez vous heurter au phénomène de repisse et des affadissement du signal du aux inversions de phases. Si vous êtes familié de ce type de configuration, je soupçonne une grande expérience.

La pédale charleston donne un relief swing, groove, face au son plus dur de la caisse claire et de la grosse caisse. Un microphone sensible posé au dessus de la pédale capture les effets de fermeture et d'ouverture du charleston. La captation de la caisse claire par le microphone du charley peut être un atout. Pour obtenir un son plus mat de la pédale, le microphone peut être disposé sous le charleston, tête en direction de la surface cuivre vers le dôme. Quand aux cymbales, nous reprenons le principe des dispositions par dessus, OverHead, de l'ensemble de la batterie à environ 60 cm de hauteurs.

Passons à l'enregistrement...

Le Gating

Vos micros sont en bonne position ? Le son dans les retours est correct ? La prise sans artifices présente des crêtes de modulation extrêmes, mais de très courtes durée. Elle présente une énergie moyenne faible. Alors, que les Peak/meters de votre console de mixage s'illuminent allègrement. Le souffle, selon les microphones employés reste discernable entre les coups. Pour corriger cette fuite de bruit nous utilisons l'effet de Gating. Le gate, ou porte en français, ouvre ou ferme la diffusion du signal sonore suivant un seuil défini par des paramètres. Dans le son d'une batterie, nous avons des signaux fort, la frappe et sa résonance et le signal faible, comportant le souffle et les perceptions des autres percussions environnantes. Cette porte va fermer la diffusion du faible et ouvrir celle du fort.

Basiquement, trois paramètres sont important : Seuil, attaque et déclin

  • Le seuil (threshold) détermine le niveau sonore, exprimé en dB, permettant d'ouvrir la diffusion des signaux fort. Tous les signaux audio inférieurs à la valeur en dB définit par le seuil seront évincés de l'écoute et de l'enregistrement. Fiez vous à vos oreilles !
  • L'attaque (attack) joue sur le volume d'entré du signal fort. A la détection du signal fort, une pente, un court crescendo, peut être affectée. Sa durée est exprimée en milliseconde. En général, aux alentours de 40 ms.
  • Le déclin prend effet lorsque le signal fort perd en volume pour arriver au seuil de fermeture de la porte. C'est à ce point de sortie que le déclin peut être prolongé. La prolongation déclin au delà point de seuil de sortie est exprimé également en milliseconde. En général, aux alentour de 200 ms.

A ce stade, chaque voie de votre console correspond à une et à une seule percussion, grâce au Gating. Aucun bruit de fond et autres percussions extérieures à la voie ne doivent pouvoir s'entendre.

La compression

Ajoutons du punch à nos percussions, davantage de présence. Si vous êtes du style naturel, peu d'effets, la compression dénature l'ambiance. Alors folk, jazz session agissez avec modération. La compression ajoutée à un effet tel que la reverbe renforce encore davantage la présence. L'utilité première du compresseur est de limiter les volumes à un niveau donné. Si une frappe de caisse claire en entrée dépasse le niveau sonore en dB défini par le compresseur, celui-ci réduit le volume de la frappe en sortie suivant sa définition du niveau. Cet outil est bien pratique car imaginez vous à la console, les mains sur les faders de volume pour niveler les niveaux sonores de chaque instrument. Dans ce cas nous aurions besoin de plusieurs mains, donc de doigts. Sans rentrer dans les détails du compresseur, par exemple affecter des niveaux différents suivants les fréquences, nous nous limiterons, nous aussi :), aux paramètres essentiels.

  • le seuil,, Threshold, c'est le point de définition en dB ou le compresseur s'active. La quantité de volume est limité par ce seuil. Mais comment définir sa valeur exacte ? Demandez à votre batteur de taper fortement, ou sélectionnez sur votre bande l'élément le plus fort, vous cerner son niveau en ajustant le seuil. Vous pouvez désormais l'abaisser. Au moment ou le son s'altère, remonter le seuil et fixez-le. Vérifiez maintenant les nuances du jeu, pianissimo à fortissimo. Sachez que plus le seuil de compression est bas, plus vous réduisez l'espace des nuances. Si vous faîtes du Hard Core, les nuances sur certains morceaux ne sont pas véritablement nécéssaires. Mais, une musique sans variations de volumes fatigue davantage notre système auditif. Le seuil d'une batterie est en moyenne défini à - 18 dB.
  • le Ratio détermine le niveau d'atténuation du volume par le compresseur par rapport à la différence entre le niveau d'entrée du volume et niveau du seuil appliqué au compresseur. Par exemple, un ratio de 4:1, si le volume d'entrée est supérieur à 4 dB du niveau de seuil, le niveau en sortie est abaissé de 1dB. Nous pouvons donc jouer de notre sensibilité sur les nuances grâce au Ratio. Le ratio d'une batterie est en moyenne défini à 4:1.
  • l'attaque et le déclin, Attack et Release : l'effet dynamique de compression apparaît et disparaît en suivant une courbe prédéfinie : l'enveloppe. Cette dernière se compose d'une attaque et d'un relâchement déterminés par les curseurs " Attack " et " Release ". L'attaque correspond au temps mis par le compresseur pour commencer à être actif, et le relâchement au temps d'activité du compresseur une fois que le son d'origine repasse en dessous du seuil. L'attaque et le déclin sont en moyenne défini respectivement à 0 et 90 ms.
  • la pente, Knee (pente en forme de genou), est une façon littéraire de définir scientifiquement l'état de la pente du seuil de compression. En dur, Hard Knee, et douce, SoftKnee. La fonction SoftKnee peut s'apparenter au lissage des pixels en graphisme. Ces plus généralement la solution la plus utilisé pour les instruments. Un rythme de pompes en ska à la guitare, par exemple, peut utiliser la pente HardKnee.

Dans ce cas de figure, nous ne disposons que d'un compresseur. Ce compresseur pose ses traitements sur toutes les voies de la batterie. C'est une solution économique. Une solution logiciel, plus économique, les plugins audio Linux LADSPA proposent différents compresseurs. Vous pouvez affecter à chaque piste des paramètres bien différents suivant le type de percussion. En exemple, ce qui suit :

Grosse Caisse et Caisse Claire :

  • ratio 20:1 ou 100:1
  • threshold de façon à obtenir 6 à 10 db de réduction
  • attack très court (0,1 à 1 msec)
  • release 50 à 100 msec
  • hardknee
  • peak ou manuel

Toms :

  • ratio (1,5:1 à 3:1)
  • threshold pour une réduction de 3 db environ (au delà l’effet se fera entendre!)
  • attack 1 à 10 msec
  • release 0,1 à 0,5 sec
  • softknee

Spatialisation du son

Il est un fait certain que notre oreille ne perçoit pas l'effet stéréo dans les graves. De ce fait, la grosse caisse et l'instrument de basse sont centrés. La caisse claire pas son impact en réponse à la grosse caisse, contretemps, afterbeat, est également logiquement centré. L'accentuation du groove, du swing, provoqué par le charleston est aussi centré. Le tom médium et le tom aigu sont panoramiqués suivant leur position respective, à gauche et à droite.