la console de mixage analogique
Par Gisles le lundi 25 février 2008, 01:17 - Cours audiovisuel - Lien permanent
Mixer, mélanger, balancer, égaliser, tous ces termes appartiennent à la console de mixage. Désormais, ces tables à sons sont accessibles. De la console numérique aux moins chères analogiques, nous allons sur ces dernières passer en revues toutes les expressions techniques et quelques applications pratiques relatives à ces planches à boutons. Les vacances se terminent et déjà se profile la rentrée. C’est décidé, j’achète une console à spirale. toutes mes sources sonores se superposerons sans se mélanger. Je calque les traits, les cerne, les ombre, un seul résultat : du relief à mes sources. Mais quelle console peut répondre à mes attentes, et si plus tard, je devais suivre d’autres expérimentations, quelle voie suivre…
La console de mixage regroupe tout l’environnement sonore qui méritera une amplification. Elle est utile pour une sonorisation d’orchestre, d’un club, d’un home studio et pour l’enregistrement stéréo ou multipistes. Donc la direction première à considérer pour un passage à l’investissement sera pour l’orchestre, combien de voies mono et stéréo seront à mélanger. Quant à l’enregistrement sera-t-il en stéréo ou multipistes et dans ce cas combien de pistes. Ce premier pas accompli, vous en saurez plus sur la rondeur du porte monnaie à délivrer.Chaque marque décline leur modèle en différentes versions, certaines d’entre elles conviendront à vos ambitions.
Passons à table
Sur le nombre d’invités à servir, tous ne suivront pas le même régime. Tout d’abord les prises microphones, en XLR, pour brancher un micro en signal « symétrique », et les prises lignes « asymétriques » en jack mono seront câblés sur votre console. Un câble asymétrique n’a que deux conducteurs, un fil de cuivre et l’autre tressé autour du premier séparé par un isolant. La tresse protège le fil central des parasites électromagnétiques en les absorbant. Cependant, le signal alternatif émis nécessite pour son transport deux lignes. Conséquence : plus le câble sera long et plus de parasites seront récoltés par le signal de la tresse. La connectique symétrique, XLR et jack stéréo, possède ses deux conducteurs plus un troisième, la tresse isolante. Les impédances entre ces deux câbles sont différentes, celles des connexions asymétriques sont supérieures à celles symétriques. Chaque voie mono et stéréo de la table possède une entrée asymétrique et symétrique.
Un microphone est monophonique. Il délivre aussi à sa sortie une tension très faibles. Ces quelques millièmes de volts doivent être amplifiés. C’est le travail d’un preampli. Vous trouvez cette fonction sur la partie haute de la tranche ou de la voie. Appelée « trim » ou « gain », vous ajustez le niveau d’entrée du préampli en croissant le volume de la gauche vers la droite . Les deux systèmes d’échelles exprimés en dB correspondent chacune à une des connectiques. Il va sans dire qu’avant toute préamplification le gain sera cranté sur sa valeur minimale. Pour un meilleur rapport signal / bruit et plage dynamique réglez cette commande de sorte à ce que le témoin de crête, le « peak », diode lumineuse s’allume de temps en temps. Les « PFL » (Pre Fader Listen), écoute avant le fader ( volume de sortie de la voie), vous permettront d’évaluer au casque le niveau d’entrée du préampli sans toucher à vos réglages de mixage. A coté du trim, vous pouvez avoir un atténuateur de gain, de –20 à –30 dB ou un commutateur Micro / Ligne.
Le spectre capricieux
Les micros les plus courants sont électrodynamique, une petite bobine placée dans un aimant s’agite sous la pression acoustique, le son, et délivre ainsi les quelques microvolts à la transmission du signal. D’autres micros, à condensateur, ont besoin d’être alimentés pour fonctionner. L’alimentation est fournie soit par pile ou par une tension provenant de la table. Cette dernière est appelée « alimentation 48 v fantôme » Cette tension se superpose au signal de la source sonore des deux conducteurs symétriques sans l’affecter, d’ou la transparence. Son utilisation peut être dangereuse. Vous risquez un bourdonnement ou des dysfonctionnements si une ligne asymétrique est connectée à une alimentation fantôme. Il est donc conseillé de désactiver le 48 v lors de la mise sous tension de la table. De plus sur certaines tables, l’alimentation fantôme est envoyée sur toutes les voies à la fois.
Une même source sonore prise par deux microphones peuvent étonnamment affadir le son. C’est l’apparition des ondes en phases. Dans ce cas, sur une des sources, il faut invertir la phase, le commutateur « inverte » ou « phase 180 » vous le permette. Une écoute au casque par le PFL est conseillée.
Nos derniers invités à la section des entrées voies sont les prises « insert » qui servent à insérer sur une voie un compresseur, un de-esser…grâce au format « jack TRS ». Celui-ci est un jack stéréo fiché en la prise insert puis qui se dédouble en deux jack mono dont le premier est câblé en entrée du processeur d’effet et l’autre à sa sortie. La prise insert fait donc office de sortie et d’entrée.
Les routes-AUX-expériences
Par les auxiliaires, branchement de sorties « out aux » ou « aux send », vous pouvez envoyer le signal de chaque tranche vers ce que l’on désire. En enregistrement, le son est transmis vers un enregistreur, en concert vers un retour scène. Plus couramment un processeur d’effet y est câblé. Dans ce dernier cas, le signal traité par une reverb, par exemple, est renvoyé vers la table. Toutes ces pratiques de câblage sont des rooting. Comment cela se traduit-il au sein même de la console. Après tous les traitements d’une voie, c’est à dire le passage du gain, de l’égalisation, le signal est envoyé vers le processeur si le commutateur « Pre » est activé. Cette fonction correspond au pre-fader, le signal est envoyé avant le volume de la voie, elle est utilisée pour un enregistreur multipistes et pour les retours scène. Par ce même commutateur en position « post », post-fader, le signal est transmis après le volume de la voie. La fonction post est utilisé pour les processeurs d’effets. Si le micro est coupé par le fader vous n’aurez pas l’effet. Le niveau du signal envoyé de chaque tranche est assuré par un potentiomètre rotatif appelé « Aux ». En exemple, la voie « 1 » sera soutenue par une reverb par un envoi de 10 % et la voie « 2 » de 30 %. En style Dub, sur deux mesures, le huitième temps relatif à la caisse claire est souvent accentué par une injection de reverb peu raisonnable. Les roulements de caisse claire en techno sont la prestation d’un delay….
Plus le nombre d’aux est important, plus le nombre d’effets utilisables simultanément l’est. Cependant, au retour d’effet vous n’avez pas de volume, ni d’égalisation. S’il vous reste une tranche, retraité le signal avec préampli et égalisation plus fader. Dans ce cas, attention aux boucles d’effets, si l’auxiliaire est actif sur cette voie. Autres types apparentés aux auxiliaires, les « sous-groupe » ou « Assign Switch » sont assignés eux aussi sur la tranche. Ils servent à router le signal vers des sorties de groupes stéréo, par les connectiques « Group Output » ou « Sub Outs », vers un enregistreur multipiste ou pour des configurations plus complexes en multidiffusion, gestion de plusieurs enceintes dans un même ou différents lieux. Le panoramique est à la voie mono comme la balance est à la voie stéréo. Donc, nous retrouvons sur une voie mono le potentiomètre rotatif Pan pour panoramique. Si la voie 1 est assignée au sous-groupe 1-2 et le panoramique pivoté en fin de course sur left, le signal sera dirigé vers la sortie 1 du sous-groupe. Attention sur certaines consoles les sous-groupes influencent par leur gestion de volume les sorties mix, soit les générales.
Attribuer les places
Egaliser, cette partie complexe demande de l’expérience et de l’intuition. Pour réaliser cette performance, sculpter le son, les bons outils sont l’égalisation paramétrique. Sinon, les moyens de bord sont les trois potentiomètres, appelé Frequency : aigu ( 12 kHz ) , grave ( 80 Hz ) de +/- 15 dB à fréquences fixes dites plateau et médium ( 2.5 kHz ) à fréquences graduées dites à crêtes. Ce frequency règle la fréquence centrale en lui accordant plus ou moins de puissance en décibels. Cela convient pour une guitare, une basse, une voix, une boite à rythme ou un sampler, soit peu de sources à traiter. L’égalisation paramétrique a plusieurs paramètres d’où son nom. Elle commence avec trois bandes dont deux fixes, aigu - grave, et le médium couplé au nouveau paramètre largeur de bande, Bandwidth ou Q.
En qualité supérieure, 4 réglages de fréquences le couple grave-aigu et le couple haut et bas médium paramétrique suffiront pour permettre de réduire l’effet larsen et de mieux cerné la couleur des instruments en sonorisation. Le Q influence sur la largeur de bande autour de la fréquence désignée, le chiffre correspond au nombre d’octave. Plus généralement, les fréquences médiums sont graduées de 100 Hz à 8 Hz et couplé à un autre potentiomètre rotatif de gain qui va de + /- 15 dB. Les filtres pass-bas et pass-haut ou Low Cut sont d’autres paramètres qui sont très pratiques lors d’une sonorisation. Le commutateur Low Cut coupera toute les fréquences inférieures à 80 Hz ou 100 Hz, il évite à certaines sources d’instruments qui ne joue pas de notes si basses d’amplifier les parasites envoyés par le signal dans ces fréquences. Les pass-bas coupent les fréquences aiguës supérieures à 250 Hz, il est utilisé, par exemple, pour éviter les résonances d’une grosse caisse. Les Dj’s Hip Hop et Electros crée leurs cuts en utilisant la fonction mute qui coupe littéralement le volume de la voie. En sonorisation, si un microphone est momentanément non occupé, il est muté pour proscrire des parasites supplémentaires au mixage.
Les consoles multifonctions
Beaucoup de consoles proposent leur propre système d’effets intégrés. Différents types de retards (delay), de réverbérations, de phaser et autres flange, à la distorsion et radio speaker sont assigné à des fonctions FX ou Aux. Cependant, ils sont livrés à plat sans paramètres. Il en ressort qu’ils sont toutefois bien pratiques pour une sonorisation de petite salle de type bar ou petit club. Un minimum de reverb sur différentes voies gonfle le son. Si trop, l’animateur de soldes au rayon charcuterie n’est pas loin. Pour un home studio, ces effets s’avère très vite limités.
En réfléchissant sur des routings entre une console de mixage et une carte son multipiste, la solution des plug-ins de l’ordinateur délaissés seront tout de suite à nouveau sollicités. Une sortie auxiliaire cablée vers l’entrée ligne « un » de votre carte son peut être traitée par la tranche « un » de votre console de mixage virtuelle préférée. Sur cette voie virtuelle au sein de votre ordinateur, un ou plusieurs plug-ins d’effet peuvent être intégré et renvoyé le tout à la sortie de votre carte son « un » routé à la tranche « un », par exemple, de votre table de mixage matérielle. Gare au bouclage d’effet et au latence. Des égalisateurs 7 bandes sont aussi proposés pour les sorties principales. Un sonorisateur professionnel préfère son 31 bandes externes, dit tiers d’octave. Néanmoins toujours pour le même type de salle, cela permet de gonfler les basses suivant le type de musique ou d’enceintes à disposition. Bien sur d’autres réglages peuvent être étudiés suivant la réceptivité de la salle au son. Bref, l’égaliseur de sorties et les effets intégrés conviennent tout à fait à une formation réduite au budget limité.
Les sorties de table
Souvent en connectique RCA, le tape out permet d’envoyer directement votre mixage vers un enregistreur stéréo, il est accompagné d’un tape in qui pourra lire un lecteur CD. La prise phones out, en jack stéréo, sert bien entendu à l’écoute par casque. La sortie principale, out mix ou main, se connecte à l’ampli qui alimente les enceintes en façade en stéréo s’il vous plait. En mono, pour le caisson de basse, est attribué la sortie mono out. L’insertion d’un égaliseur ou compresseur en sortie principale est fiché en jack stéréo sur le main insert. Une console de mixage doit pouvoir vous accompagner un certain temps. Elle est destiné à être transportée, manipulée. Des faders de qualités, ayant une longue course, des potentiomètres rotatifs accessibles à des doigts épais met à l’aise tout de suite un sonorisateur. Une alimentation externe permet d’éviter les parasites dus au transformateur, une connexion sécurisée par une bague de serrage de cette alimentation peut éviter bien des désagréments. Des connexions sérieuses, robustes sont recommandés. Pour un home studio, des connexions par dessus plutôt qu’en façade arrière sont appréciés car les patches peuvent changer régulièrement, et la place dans l’appartement fait souvent défaut.
Les consoles de mixages ont baissé leur prix depuis quelques années, mais la console professionnelle coûte toujours très chère. Suivre les tests matériels, les comparatifs et les guides d’achats régulièrement et surtout les essayer chez vos vendeurs préférés peut éviter bien des surprises. De plus un peu d’ambition ne fais pas de mal, il est préférable d’avoir de la marge que de se sentir limité au bout de six mois d’utilisation. Le choix d’achat entre une table de mixage pour un home studio, un petit orchestre et un sonorisateur est bien différent. Un home studiste disposant de quelques instruments midi et d’une carte son multipiste optera pour des voies stéréos et de quelques tranches monos pour des invités potentiels. Le petit orchestre à budget limité, choisira davantage de voies monos que stéréo. Enfin, le sonorisateur tranchera pour les voies mono, au moins 3 auxiliaires et 2 sous groupes stéréo. A chacun développe sa vision du futur.
…Musique ! ! !
Pour un mixage réussi, l’égalisation est inévitable. Rappelez vous les heureuses heures passées dans une salle polyvalente où personne ne s’entend. Voici un résultat concret de la gestion de l’espace sonore. En physique acoustique, une note jouée n’est jamais pure. Un « la 3 », le la du diapason à 440 Hz de fréquence, dresse une fondamentale sur laquelle tous les instruments de l’orchestre s’accordent. Tous les instruments auront donc la même fondamentale à cet instant T. Par résonance cette même note génère d’autres sons qui sont la quinte supérieure, dans ce cas un mi 4, une douzième ( la tierce à l’octave), ici un do # 5. Oh ! le joli clavier tempéré. Ces sont les fréquences sensibles. Enfin apparaissent les harmoniques unies en une grappe de sons aigus non perceptibles en hauteur. Ces trois paramètres, la colonne fondamentale, la fréquence sensible et surtout les harmoniques vont décider du timbre de l’instrument. Cela différencie la trompette d’un violoncelle. En accentuant l’égalisation sur la fondamentale on obtient une assise, chaleur et profondeur. Sur les sensibles l’instrument devient très présent dans le mixage.
Les harmoniques révèlent la couleur du son et sa clarté. Plus un instrument joue dans les graves plus ses fréquences sensibles et harmoniques seront étendues. Une contrebasse jouée à 100 Hz rempli pleinement nos perceptions auditives qui, en théorie, vont de 20 Hz à 20 KHz .Ce sont dans ces registres graves que les problèmes, lors de l’égalisation, surgissent. Une balance lors d’un concert de rock commence toujours par les réglages de batteries et notamment le tandem grosse caisse, exprimé ici en fréquence fondamentale suivant l’accordage 70-90 Hz, et tom basse, à 90-110 Hz . La frontière entre ces deux percussions est bien mince. En y ajoutant la caisse claire, 150 – 250 Hz et le charley, 200 – 400 Hz, l’espace est bien rempli. Résultat notre batterie est puissante. Or dans le même registre va se profiler la basse, 100 à 250 Hz, et la … le flou le plus total. Que se passe t-il...
Que voulons nous désormais, une grosse caisse profonde sans attaque, une basse perceptible mais chaleureuse. Dans ce cas, laissons se profiler la fréquence fondamentale de grosse caisse, réduisons ses fréquences sensibles et coupons ces harmoniques. Pour la basse, atténuons sa fondamentale et rendons présent ses fréquences sensibles. Pour agrandir notre no man’s land réduit entre la grosse caisse et le tom basse, nous affecterons à ce dernier une atténuation de sa fondamentale, des sensibles hautes pour donner un effet d’attaque. Ce même type de frottement se retrouve avec des instruments tels les effets de guitares électriques et les surcharges d’oscillateurs accordés différemment par octaves du synthétiseur. Les cuivres très riches en harmoniques sont égalisés en section et ne pose pas trop de problèmes avec les autres instruments. Pour alléger des frottements de fréquences, les panoramiques sont de bons secours.